mardi 5 février 2008

Témoignage du jour

Mon histoire d'Obésité à moiComment j'ai pris ces kilos, comment je vis avec.. ces kilos qui constituent aussi depuis de longues années mon histoire. Je me suis toujours sentie rejetée par les plus grands comme par les plus petits de ma famille , c'était un peu pareil. J'ai donc fait mon petit bout de chemin toute seule. Je pense que mes problèmes de poids viennent initialement de là. Au fil des années, cela n'a fait que s’aggraver vu les responsabilités que j'avais et les problèmes qui sont ensuite survenus. Un jour ma famille s'est totalement déchirée, ma mère partant et me laissant avec les plus petits, à 15 ans je me suis trouvé propulsée en chef de famille à élever trois enfants de 12, 11, et 8 ans. Pas facile pour moi de gérer le budget ni de m'occuper de cette petite famille, je n'étais pas bien vieille et au bout de 5 ans, ma mère étant revenue, j'ai soufflé et pensé que j'allais enfin pouvoir vivre ma vie normale. Mais ma mère n’a pas voulu que je lui rende toute cette responsabilité ; j'ai donc dû continuer de jouer ce rôle très longtemps et c'était de plus en plus dur d'assumer tout ça. A 25 ans, je pesais 100 kg, j'étais ronde, ce que je n'assumais pas. Mais je tombais quand même amoureuse. Toutefois, ce qui devait être le début d'un bonheur devint vite nouveau malheur. D'abord car j'appris que la personne avec qui j'étais n'était pas qu'avec moi... Malgré cette épreuve, on restait ensemble et un jour on attendit un heureux événement... Enfin la roue allait tourner. Mais, non... Le destin allait continuer à s'acharner sur moi!! Ma petite fille est venue au monde prématurément à 6 mois de grossesse et n'a pas survécu. J'étais alors totalement seule puisque j'avais décidé de rompre avec mon ami deux mois avant ce si triste événement. J'ai refusé à partir de ce jour d'accepter ce que la vie m'avait enlevé et j'ai sombré complètement dans la dépression. J'ai pris pendant dix ans des cachets pour dormir, je ne sortais plus du tout de chez moi, je ne faisais plus rien, plus rien. Comme si ma vie s'était arrêtée définitivement ce jour-là. Je mangeais vraiment sans arrêt au point de passer de 100 à plus de 155 kg en un an!! J'étais devenue une "rien du tout", quelqu'un d'obèse, une vraie loque. A partir de là, j'ai mis ma vie entre parenthèse pour m'occuper uniquement de ma famille, mais il me manquait toujours ma petite fille. Un jour ma sœur nous annonce qu'elle attend un heureux événement. Je me suis alors dit: comment a-t-elle pu faire un enfant (non par jalousie, non, vraiment pas du tout) mais je savais que cette enfant ne serait pas bien avec elle. Elle n'avait pas du tout la tête à s'en occuper et elle n'était pas faite pour en avoir, je la connaissais, je le savais. Et ce que je redoutais arriva rapidement. Elle me dit un jour que lorsque le bébé viendrait au monde, de toute façon, elle me laisserait l'élever pour que je m'occupe de lui.. En 1988, un petit garçon vit le jour, et c'est moi qui lui ai donné son prénom. En 1991 c'était au tour de sa petite sœur de venir agrandir la famille... J'étais heureuse et malheureuse a la fois car je pensais beaucoup, énormément à ma petite fille. Je les ai pris et élevé comme mes propres enfants, mais ça n'a pas été simple: nous vivions tous ensemble avec mes parents et mes deux frères. Cette cohabitation était très dure, car il fallait d'une part que je continue à gérer tout et d'autre part ma sœur qui n'était pas du tout reconnaissante envers moi, me faisait en permanence la pire des misères, elle me rendait la vie impossible. J'ai beaucoup souffert de tout ça, et mon poids continuait à monter car tout ça étais une trop lourde charge. Mais je ne voulais surtout ne montrer à personne que je n'étais pas si forte que je le prétendais et que j'aurais aimé qu’on m'aide. Je n'ai jamais rien dit, j'ai tout gardé pour moi, mais je souffrais énormément. Brutalement, en 1995, les évènements s'enchaînèrent les uns après les autres: ma mère décède d'un brutal arrêt cardiaque, et en 1997, ce sera mon frère (que j'ai élevé) qui, ne supportant pas le décès de ma mère, se suicide. En 1999, mon père devient grabataire et là je dois m'occuper de lui: il était allongé jour et nuit, il fallait le veiller, le changer, le laver, enfin tout ce qu'une personne dans sa situation demande comme soins. Cette situation durera 2 ans jusqu'au décès de mon père en 2001. Aucun de mes frères et sœurs ne m'ont à aucun moment aidé dans cette tache. En 2003, mon autre frère, dont je continuais de m'occuper un peu en gérant ses papiers et son budget, décède d'un cancer. Ce décès me fit revoir toute ma vie en résumé: un petit peu de bonheur, beaucoup de malheur dû à mon poids, la perte des êtres chers à mon cœur, les séjours à l'hôpital pour maigrir, ainsi que deux 2 séjours dans le coma. Mais aussi l'indifférence de mes frères et sœurs à mon égard, le regard des gens, leur méchanceté, les mots qui font mal... J'étais rejetée depuis toujours par tout le monde. Pourquoi ? Je ne sais pas, je ne suis pourtant pas quelqu'un de méchant, on dit de moi que je suis gentille sincère et honnête. Je sais bien que beaucoup vivent ou ont vécu la même situation que moi, mais je raconte tout ceci pour dire que si j'avais eu plus de courage plus de caractère, j'aurais peut être pu ne pas sombrer dans tout ça. Car aujourd'hui c'est très dur de perdre tout ce poids, quel immense gâchis !!! Mais je me dis aussi que si le destin m'a imposé cette souffrance c'était parce que j'étais faite pour aider les autres . Il y'a deux ans j'ai rejoint le Pulpe Club, car sur un autre site j'avais fais la connaissance de quelqu'un du Pulpe, très sympa et c'est vrai que le Pulpe Club et R&J m'ont beaucoup apporté. Vraiment. J'y ai connu un homme que j'ai aimé, mais malheureusement ça n'a pas duré. On est resté ami, mais je regrette surtout qu'il ne sache pas trop ce qu'il voulait, mais je ne lui en veux pas. Après la traversée du désert depuis tant d'années, je savais bien que mon poids constituerait forcément un obstacle, et qu'il n'y avait pas de raison que la vie devienne soudainement meilleure pour moi. Mais ceci n'empêche pas que j'ai pris un peu confiance en moi. J'ai moins de complexes même si à 165 kgs, ce n'est pas facile de faire comme s’ils étaient pas là. De plus j'ai connu des gens bien, mais ma super timidité fait que malheureusement je n'en ai pas d'autre et que je ne sais pas aller vers les autres Je sais simplement une chose: si tout était à refaire même si je devais re-souffrir j'aiderais encore les autres et le fait d'être obèse m'a permise de découvrir le monde complètement autrement. Tout n'est sans doute pas très clair, je le sais bien, mais ces mots, je les écrit avec mes fautes bien sur, mais j'y ai aussi mis tout mon cœur et ma sensibilité. Aujourd'hui, ce qui est positif pour moi, c'est que j'ai toujours mes deux enfants qui ont aujourd'hui 14 et 17 ans. Ces deux enfants m'apportent beaucoup et je les aime tellement, même si des fois c'est très dur pour nous trois. Il y a aussi le fait que je commence à perdre un peu de poids: je suis déjà descendue à 150kg et j'espère en perdre encore et surtout, surtout, trouver enfin un peu de bonheur, mais bon … Ne rêvons pas

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